Tendances du jour

Le point de vue du jour

Samedi 5 mai

C’est le dernier jour. Nous venons de vivre encore une fois une aventure un peu exceptionnelle, au cœur du plateau des Guyanes, à Saint-Laurent du Maroni. Nos trois plus fidèles stagiaires, Herman, Cyril et Oginio sont toujours parmi nous, la soif d’apprendre dans les yeux, au bord des lèvres, au bout des doigts…

En cinq jours, nous vous avons fait partager le meilleur du Festival des cultures urbaines. Interviews et reportages étaient le travail essentiel de ces jeunes reporters. L’ensemble des ateliers et spectacles proposés est désormais en ligne. Les reportages vidéos et les interviews écrites sont le fruit de leur travail. Nous pouvons leur dire bravo car les conditions de travail ne sont pas toujours idéales malgré la bonne volonté des organisateurs. En effet fabriquer un journal « en ligne » sans débit Internet relève souvent d’un sacré défi !

Nous l’avons relevé…

Aujourd’hui, la vitrine que représente ce site Internet du Festival des cultures urbaines est une belle carte de visite qui met en exergue le dynamisme et la création saint-laurentaise. C’est d’ailleurs ce que nous avons vécu en ce dernier jour de Festival, au stade B.

Un après midi consacré à la restitution des ateliers : cirque, double dutch, scratch, djing, beatbox, écriture rap, management scénique, web-reporters, tous se succédaient, encadrés par les intervenants, le tout orchestré par l’incroyable MC Sidney. Une certaine fierté pouvait se lire dans les yeux de chacun de ces artistes en herbe…

Nous rentrions ainsi dans les dernières heures du Festival. I-Kamakuli de Saint-Laurent donnait alors le « la » de cette dernière soirée. Suivait Candy Vybz en provenance de Cayenne, vainqueur du tremplin musique actuelle des Transamazoniennes 2011. Et enfin, la tant attendue Casey, chanteuse de rap. Une jeune femme surprenante. Ses textes emprunts de poésie explose cependant. Tout en dénonçant un monde d’une grande injustice elle sait élever les esprits. Pousser, élever cette jeunesse vers le haut avec sensibilité. Même si la violence de son phrasé est parfois cru, il n’y a jamais d’appel à la haine, mais un appel à penser, être acteur de sa vie.

C’était un moment riche en émotion qui se terminait avec la montée sur scène des jeunes de l’atelier d’écriture.

C’est dans l’énergie enflammée d’un stade B heureux, que se clôturait le 4ème Festival des cultures urbaines de Saint-Laurent du Maroni.

Marianne Doullay

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Le point de vue du jour

Vendredi 4 mai

Me lobi u Saint-Laurent, biggi, biggi, biggi !

Encore et toujours de l’effervescence. L’ensemble des ateliers touche à leur fin. Sauf le notre, toujours sur le pied de guerre, nos supers reporters caméra à l’épaule, stylo à la main sont sur tous les fronts… Priorité à l’information !

Ils étaient sept au départ et puis, de jour en jour, certains se sont perdus… C’est dommage, le goût de l’inachevé n’est pas toujours agréable, mais qu’importe, aujourd’hui, à trois, ils font le boulot de 7 !!!

En ce vendredi soir, à Saint-Laurent c’est soirée danse au cinéma le Toucan…

La soirée démarre avec les restitutions d’ateliers. Abdul, directeur du CCML dans le rôle du MC ponctue et présente la soirée. Honneur à Dany et son atelier de break pour les débutants. Suivi de Wada issu du même atelier mais pour les plus avancés. Le breack, cette danse qui fait appel à une forme physique un peu extraordinaire, parfois… Seraient-ce des hommes élastiques ? Souples et forts : sur la tête, sur un bras, contorsions, pirouettes salto, et autres figurent laissent totalement pantois… Une remarque m’agitent de plus en plus, c’est un monde d’hommes… Et puis surprise c’est autour du dancehall de monter sur scène : une cohorte de gazelles en jaunes et noir se meut avec rythmes et volupté.

Cette première partie s’achevait avec un peu de douceur, avec l’atelier de hip hop new style mené par Kim de la Cie Wanted Posse.
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Le point de vue du jour

Jeudi 3 mai

Ce que l’on retiendra avant tout de cette journée du 3 mai, c’est la soirée au CCML. Pour la mise en bouche, cette dernière démarre par la projection de quelques vidéos réalisées par l’équipe des stagiaires de l’atelier web reporters. Suivi du documentaire Faites le mur, un film de Bansky sur le street art. Un monde alternatif et underground, qui prend des risques pour embellir le quotidien de nos murs gris… Tout s’enchaîne très vite, pour laisser la place à Tisme, Daz-Ini et leur invitée Connie. Un show rap n’ human beatbox d’une douce chaleur. La voix sulfureuse de Connie emmène le public. Il y a du talent, chez tous ces jeunes ! Chaleur, dans le petit « bonus » que nous vous proposons de découvrir autour des qualificatifs qui décrivent le mieux le festival, c’est celui qui revient le plus : chaleur. Quelle soit physique ou métaphorique il est vrai que la générosité des Saint-laurentais est presque de l’ordre du palpable. Et Connie de rajouter : « à Saint-laurent du Maroni, les gens sont gentils ». C’est vrai, c’est une gentillesse qui transpire. On pourrait presque croire à un monde meilleur, ici. La tolérance qui circule entre les ethnies donne vraiment de quoi espérer, croire. La gentillesse n’est pas un défaut. C’est une qualité exemplaire. Un signe d’intelligence, sûrement car elle implique de se comprendre, elle implique un choix, du « vivre ensemble ». Et puis, Fowatile entrait dans la place ! Envoi le son ! Un électro hip hop qui mouve, qui groove, la dance-floor est en feu ! Battles inattendues, flash mob improvisés, c’est explosif au CCML ! Et pour finir, les Dj s’emparent des platines… 10Kord, Kalouf, Tismé et Sidney bousculent encore et encore nos corps pour des corps à corps… Dans cette effervescence musicale, nos sens sont à la transe, et la lune bientôt pleine veille sur nos âmes…
Que la nuit vous soit douce,
A demain,
Marianne Doullay

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Le point de vue du jour

Mercredi 2 mai

En route, comme chaque jour pour de nouvelles aventures. Le rythme est soutenu. Arriver à couvrir l’ensemble des ateliers, préparer les interviews. Souvent filmées, parfois écrites, c’est ce qu’il y a de plus fastidieux.

Chacun apprend, cherche se prête au jeu et endosse son rôle de journaliste avec sérieux et assiduité.

Nous sommes au milieu de la semaine. Les laboratoires sont en effervescences. Parfois de la fatigue se ressent, mais n’oublions pas le challenge à relever pour vendredi et samedi : les démos d’ateliers. Ça travaille dur ! Alors que certains ateliers accueillent 4 ou 5 personnes, d’autres comme le double dutch reçoivent jusqu’à 35 enfants par demi journée. C’est intense. Jonatthan, responsable de ce stage, nous confie son grand plaisir à venir chaque année depuis 4 ans, sa satisfaction quant à la transmission… sa générosité transpire et l’on attend avec une grande impatience la restitution de ce travail.

Le monde se bouscule aux portillons du cinéma le Toucan pour découvrir une nouvelle soirée de spectacles. Ce soir, la compagnie Ces temps-ci propose son spectacle Ru, ou comment chaque objet peut devenir une percussion. Rythmes et voix s’enchaînent pour le plaisir des yeux et des oreilles.

A suivre Le Petit Chaperon en sweat rouge, un spectacle de la compagnie R.I.P.O.S.T.E.. Une adaptation urbaine du conte de Charles Perrault. La jungle urbaine devient le décors de l’histoire. Pas d’arbres mais des graff, et des loups partout ! Contrôleurs, jeunes perdus, junky, la jeune fille s’en sort grâce aux pirouettes de l’intelligence de l’esprit : la flatterie. Mais au delà, la naïveté, l’envie de se parler, se comprendre, s’aimer reprennent le dessus. Tout en chanson, en samples et en beatbox, ce spectacle pourrait surprendre et pourtant on reste un petit peu sur sa faim. Pour jouer dans le cadre du festival, la cie venue de Paris n’a pas pu emporter avec elle son décors et a donc dû revoir un petit peu sa mise en scène. Du coup, des longueurs, des pertes de repérages au fil de l’histoire. C’est ô combien dommage car le texte et l’illustration sonore sont quant à eux le reflet d’un travail remarquable.

Encore une journée riche et fructueuse, la lune se remplie et plane sur Saint-Laurent du Maroni.

Marianne Doullay

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Le point de vue du jour

Mardi 1er mai

Notre équipe est au complet, harmonieuse et travailleuse…malgré de grandes difficultés rencontrées pour la mise en ligne (le débit internet est quant à lui très loin de l’harmonie – dis M. Kourou tu voudrais pas mettre un satellite au dessus de Saint-Laurent ? – ), nous faisons tout notre possible pour que vous puissiez vivre le journal au quotidien.

Nous avons une chance extraordinaire, les rencontres générées par le Festival des cultures urbaines sont des moments particulièrement privilégiés. De Sidney au champion du monde de double dutch, en passant par la chanteuse de rap Casey, nos jeunes reporters ont la joie, d’échanger et d’apprendre d’univers très différents et pourtant si complémentaires ! La culture hip hop est universelle… C’est d’ailleurs ce que tendait à démontrer le magnifique documentaire, entrecoupés des commentaires de Sidney, projeté hier soir au cinéma le Toucan. Un voyage à travers le monde qui racontait non seulement la naissance du mouvement mais montrait l’universalité des cette culture. Comment au travers notamment de la prise de parole cette expression est universelle. Que ce soit en Cisjordanie, en Allemagne, au Sénégal, en France ou aux Etas Unis, le hip hop devient un véritable outil de revendication. Mais ce n’est pas une revendication qui, comme d’aucun pourrait le croire est haineuse, non, bien au contraire, le hip hop prône la tolérance. C’est un moyen de communication une passerelle aussi entre les générations car grâce aux samples et autres nouvelles technologies les instrumentaux et les langues se marient à merveille. Le hip hop, met tout simplement le doigt là où ça fait mal, en cherchant à comprendre ce monde schizophrénique, cet héritage non choisi où la violence et l’économie ont pris le pouvoir… A qui profite le crime ? c’est ce que chantent ces jeunes désespérés de la bande de Ghaza en Palestine.

Afrika Bambaataa en créant le mouvement de la « Zulu Nation » ne s’attendait peut être pas à ce que trente années plus tard son message devienne mondial. Ou peut-être si, mais pour parler d’amour et pas de haine…

C’est aussi tout cet univers que nos jeunes reporters en herbe découvrent. Au delà du volet ludique des ateliers et ces rendez-vous deviennent aussi l’occasion de s’interroger sur le monde et son devenir.

L’avenir nous appartient, nous sommes tous acteurs de nos vies, alors, prenez la parole !

A demain,

Marianne Doullay

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Le point de vue du jour

Lundi 30 avril.

C’est parti ! Les 19 ateliers ont ouvert leurs portes ce matin. Malgré les pré-inscriptions et de nombreuses listes d’attente pour certaines disciplines, tous les ateliers n’affichaient pas complet à leur ouverture. Pannes d’oreillers ou vacances pour certains, après de nombreux coups de fil, les retardataires prenaient place sur leur site de « travail ». Nos supers journalistes en lieu et place dès 9 heures s’activaient à préparer leurs interviews pour leurs premiers reportages. Un chapiteau par ci, des tables et des stylos par là, des tapis de sol, des cordes à sauter, des platines, des bombes de peintures, des corps, des bouches, des mains tout s‘agite au quatre coins de Saint-Laurent… Cette première journée est essentiellement consacrée à la prise en main du matériel, l’approche pour apprendre à s’en servir. L’apprentissage passe non seulement par la connaissance de soi mais aussi par la maîtrise des outils mis à disposition. Au jour le jour, nous vous livrerons nos regards sur ces différents laboratoires, nous vous révèlerons le point de vue des intervenants, jusqu’à celui des stagiaires. Petit à petit le web journal prendra forme pour vous révéler les sensations, les sentiments, les temps forts de l’ensemble de ce vécu. Chaque jour les vidéos et interviews témoigneront de la richesse de ces ateliers, de la générosité des intervenants dans leur « mission de transmission » et enfin, nous l’espérons, dans la joie d’avoir appris de nouvelles choses pour l’ensemble des stagiaires…
A demain…

Marianne Doullay

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Abdul, le directeur du CCML présente le festival des cultures urbaines.

 

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Le Point de vue du jour

Samedi 28 avril.

Samedi 28 avril le quatrième festival des cultures urbaines de Saint-Laurent du Maroni démarrait au cœur de la ville, au stade B. Durant l’après midi tandis que certains pouvaient jouer aux jeux gonflables, d’autres allaient s’inscrire aux ateliers prévus durant toute la semaine suivante. Les démonstrations de skate, rollers et BMX s’annulaient pour cause d’une trop forte pluie ; cependant vers 18h le public commençait d’arriver. C’est l‘heure où, Kalouf, intervenant sur l’atelier graff prenait ses bombes pour donner vie à une fresque, en live jusqu’à la tombée de la nuit. Profitant de cette accalmie du ciel, la Compagnie Ebène, championne du monde de double dutch, attrapait ses cordes à sauter pour plus d’une heure de performance ouverte au public. C’est avec une grande générosité et beaucoup de professionnalisme que les cordes tournaient, tournaient invitant tour à tour les enfants à rentrer dans « la danse ». La timidité du départ s’effaçait peu à peu grâce à l’intervention de l’incroyable MC Sidney ! Sidney animateur de l’émission H.I.P. H.O.P. au début des années 80 attrapait le micro pour ne plus le lâcher jusqu’à 23 heures. Pas moins de 5 heures de flow ininterrompu, riche d’humour et de poésie. La nuit tombant, les lumières de la scène appelaient alors le public à se tourner vers elle et ainsi assister à une soirée de battle, entrecoupée de petites démonstrations d’ateliers : percussions urbaines avec la Cie ces temps-ci, double dutch avec la cie Ebène, ou encore beatbox avec le surprenant beatmaker de la Compagnie R.I.P.O.S.T.E. Une démonstration époustouflante ! D’aucun s’accordant à dire qu’il avait sans doute avaler deux platines et une batterie ou encore que peut être il aurait cinq bouches ? !

Sidney, rejoint par Dany donnait les règles du 1vs1 à venir. Ils étaient 16 à s’affronter. Se succédaient alors les batailles de break, de poping et au final un seul par disciplines se verrait gagnant pour la soirée. Les tableaux chorégraphiques qui allaient être donnés à voir seraient de purs moments de plaisirs visuels. Les figures acrobatiques que les 500 spectateurs réunis ont pu découvrir étaient, selon les organisateurs, d’un niveau bien plus élevées que les années précédentes. Cette soirée était aussi un moment privilégié pour découvrir la production saint laurentaise, avec les groupes Crazy, Destination finale et les Five Stars ; le plus jeune des groupes, composé de 3 garçons et deux filles. Ils ont épaté et enjoué le public. Un tout petit peu trop jeune pour gagner, peut être, ils sont à coup sûr les champions de demain !

Une magnifique soirée d’ouverture. Dès lundi 30, les ateliers ouvrent leurs portes et les spectacles prendront forment dès mardi. C’est avec un grand plaisir que nous vous ferons partager le festival au quotidien.

Marianne Doullay

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